29.11.15

Chronique d’Hull 2

J’ai trop tardé à écrire cette chronique. S’y déploieront les méandres des routes sous le couvert de feuilles en feu, un peu de spleen, d’interstice et beaucoup d’amitié.
Avec des photos entre chiennes et louve

Road trip

Ça commence comme ça. Dans la vulvo, la nervosité encore dans le ventre et, jusqu’à récemment, les bras tendus, le cou appesanti. Vous raconter la fois où le raod trip a été décalé d’une journée, afin de varier la compile de musique – car je ne suis toujours pas lassée de la vieille compile d’Olivier – ce qui a été compliqué, m’a mis de mauvaise humeur et où j’ai fini mon samedi « je reste finalement à d’Hull, je n’aurai pas froid et je pourrai un peu lire » à passer la tondeuse, non sans être d’abord retourné au Canadian Tire pour découvrir qu’on vendait des fils exprès pour les tondeuses électriques. Bon, bref, mon séjour pour St-Émélie a été retardé d’une journée. Le lendemain, le road trip n’en a été que meilleur. Mais un peu avant, toujours à propos de ce samedi qui se termine en queue de tondeuse, j’ai de nouveaux exploré quelques rues de mon quartier, de l’autre côté de Des Allumetières. C’est intéressant d’explorer ces anciens quartiers ouvriers. Avec Julie, nous avons décrété que d’Hull a un air western. Il faut souligner la présence des maisons à rallonges, assez laides dans leur dysharmonie. À la recherche d’autres choses, je parcours donc les alentours à vélo. Mais c’est toujours pour aller dans un magasin.
Bien sûr, la honte m’empêche d’évoquer cette exploration de ma nouvelle ville par le biais d’autant de 10/30 outaouais.
Je reviens au début. Le spleen. Il s’est abattu avec la fatigue et la fin de l’installation. En manque de vous et avec vos trop plein de silences. Le temps long de s’installer dans la nouvelle vie. S’y ajoute la dose de chicane que je m’inflige.
Le spleen, ne vient-il pas de cette laideur, autour? D’habiter une maison lumineuse dont les fenêtres n’ouvrent sur rien, sinon la laideur.
Prendre la route, par beau temps, par les nationales de l’Ontario et de Lanaudière, au faîte des couleurs d’automne, apaise le spleen.
La première destination. Peterborough. Ville reconnue pour l’architecture de son campus universitaire. J’allais loger dans la guest suite du campus des postgrad. Le prétexte pour se faire un trip. La route, perdue, sinueuse et moi contente d’explorer l’Ontario que je connais à peine. Plus anglo, mais quand même western aussi. Deux jours pleins de discussions sur les luttes des précaires de l’enseignement supérieur. L’envie de reprendre un projet photos sur ces lieux de passage. L’énorme suite super aménagée, juste pour moi.
Guest Suite de Peterborough.
Projet photos sur ces lieux de passage
L’occasion de se chicaner de ne pas sortir en ville le samedi soir. M’enfin, les excuses sont faciles lorsque la fatigue vous assomme.
La deuxième destination : Ste-Émélie pour le début de ma semaine de relâche et la canicule des beaux jours. Un trop bref séjour, comme toujours, et des amitiés en partage, plusieurs qui se consolident.


J’ai maintenant un nouveau coloc tiers temps. C’est une belle présence.

Interstice

Certain.es ne savent pas, ignorent les interstices ou qu’ils me fascinent. Pas Julie qui avait deviné que je l’avais recherché quelques jours avant leur premier séjour (elle vient avec Julien et Colin, que je vois s’éveiller au monde). J’avais donc exploré l’interstice, facile à deviner, au bout de l’autre rue, là-bas en face, attirant comme une entrée d’interstice. Il était au final assez petit, mais répondant néanmoins à l’esprit et la géographie des lieux. Il ouvrait sur des voies de traverse, ce qui est déjà une victoire sur l’ordre urbain.
En passant, soyez curieux.ses du mémoire de Julie qui croise la route de femmes autochtones, un projet fascinant.

Le séjour de l’ami R. a permis une plus loooogue exploration de l’interstice, lequel s’est révélé beaucoup plus prometteur qu’à ses abords. Il paraît bien balisé mais il est simplement extraordinaire. Il faudra y retourner en journée, y faire des trucs.
Ce fut fait avec l’ami Lo et Kaïna.




L’amitié

Julie, Julien et Colin ont ouvert le bal des séjours à d’Hull. Votre forfait vous attend. N’oubliez pas qu’il est chaque fois singulier, adapté à notre propre relation.
Le baisodrôme a été ouvert.
Des coups de fil ont été donnés. Moi qui me trouve si distendue dans les communications, je dois avouer que mes appels les plus réguliers ont été lancés en direction de mon ancien syndicat de chargé.es de cours. Je dois l’admettre, c’est difficile de décrocher. Et puis je continue à dire « nous », pour les chargé.es de cours, et « eux » pour les profs.


Bref, les coups de fil me font toujours plaisir.

Il y a donc les amitiés d’Hulloises, anciennes ou plus récentes, celles de Montréal, d’ailleurs et d’outre Atlantique. Elles sont précieuses.

Adhérez au forfait d’Hull (2) jours d’amitié personnalisée.

Prenons le forfait Delvaux : cueillette au marché By, puis le temps s’égraine en cherchant le soleil autour de la maison, le prétexte pour finir de planter les bulbes de tulipes. C’est l’heure de l’apéro : première virée au dépanneur, avec un air de quartier pis de ptites bières. Mais il est en rade de tabac Drum. Sirotant nos bières, le temps continue de s’écouler, on finit de monter les kits Ikéa, puis on se fait des super hotchicken : conflit existentiel, chauffer ou non les petits pois ? (2e virée au dépanneur préféré )J’apprends à la fin de la préparation que l’invité n’a jamais mangé de hotchicken à la maison.

On se fait ensuite la virée à l’interstice. On explore alors un potentiel d’interstice incroyable aux chemins pourtant bien battus, y revenir pour visiter une école à l’abandon.

On aboutit sur la route réservée aux autobus, on enjambe un muret, un nouveau chemin s’offre à nous, nous voilà chez les riches. Sur les rives de l’Outaouais, on se pose sur les pierres, à côté des loups, les pieds presque dans la rivière, avec ses airs de fleuve et ses lumières électriques. Le désir n’est pas bien loin. La nuit est bonne.
Samedi matin, on passe l’avant-midi à se dorer au soleil. Dîner aux restants d’huîtres. On bosse un peu tout l’après-midi, puis on se refait une tournée de dépanneurs sur la rue Eddy du vieux d’Hull en quête de Drum doux, non sans avoir d’abord échangé deux mois de canettes de glutenberg contre un 4pack de glutenberg. C’est l’occasion pour l’ami de tchatcher en portugais dans un dépanneur latino. À 17h, on a rendez-vous avec Louise pour un souper au bénéfice des réfugiés syriens, dans une salle communautaire. Ça nous change de la routine, c’est le moins qu’on puisse dire ! sous les néons, on participe à l’allègement de nos portemonnaies en échange de nombreuses bénédictions. Le tout est assez pénible, le nouveau député libéral nous fait même l’honneur de son sourire de gars qui flotte sur un nuage. Bon, ça suffit, heureusement que ça finissait tôt. On ramène Manu et Louise à la maison pour une énième discussion politique autour d’une tisane de pruche, bonne contre les angoisses. On finit la soirée longuement après avoir éclusé le vin et la bière, pis le rhum et le petit alcool de framboises pour Louise.
Dimanche, c’est rebelote le café clopes au soleil.
Réservez votre forfait personnalisé, plusieurs surprises vous attendent. Parlez-en à Sam Mandeville qui a inscrit à son panthéon de tournée son séjour à d’Hull : hébergées dans une suite du Hilton, à deux pas de la rivière et du Ptit Chicago, une salle à l’ambiance bon enfant, un dj hyper collaborateur qui nous lance sur la piste de danse, le soleil de nouveau et le régal d’un dîner végan.
Quant à S., il a eut droit au forfait plus domestique, comprenant un souper au célèbre restaurant Soif où, de fait, le vin vaut le détour, ainsi qu’une soirée d’Halloween en clin d’œil à l’enfance des banlieues, les coups de sonnette à l’avenant.
Chacun aura trouvé l’occasion de rencontrer son animal totem du moment, non sans surprises et bonheur.

 Marie Pierre
16 rue Georges-Walker
Gatineau

29.11.10

À l’occasion de la parution de Sexe inc. et pour en célébrer le lancement, vous êtes conviéEs à une discussion suivie d’une petite fête.

Le mardi 7 décembre 2010


Sexe inc. est un essai portant sur la question du travail du sexe. Les recherches que j'ai menées pour l'écrire ont révélé qu'il s'agit en quelque sorte, pour vrai, du plus vieux métier du monde, à condition qu'on comprenne que gagner sa vie n'était pas spécialement valorisé, et encore moins en ce qui concerne la prostitution. Les femmes qui la pratiquaient étaient intriquées dans des réseaux hiérarchiques (d'exploitation) et reléguées à la marge de leur société. Quel était le problème? Étudier le lien entre sexe et argent était une manière de le comprendre, et d'ouvrir sur la question de l'intimité-marchandise.

Ce qui nous ramène à la critique du travail et aussi à la manière dont les stéréotypes sexuels servent à faire mousser la valeur ajoutée.

Mais les travailleuses du sexe sont aussi en lutte. Une lutte inspirante parce qu'elle s'oppose au moralisme, au pater/maternalisme et qu'elle dénonce l'oppression spécifique qui structure la pratique des métiers du sexe, ce dont témoigne le jugement de décriminalisation rendu au début de mois d'octobre par la Cour supérieure de l'Ontario.

Bref, de la louve romaine à la Jeune-fille, cet essai interroge le travail du sexe dans une perspective anti-capitaliste et anti-patriarcale.

Lors de la discussion, j'aurai le temps de déployer ces arguments.

Sexe inc., essai

Par Marie-Pierre Boucher

Éditions Poètes de brousse, collection « Essai libre »

Montréal, 2010, 81p. 10 $


18h30 : apéro, petites bouchées

19h : discussion

20h30 : fête de lancement

Événement organisé par les Femmes ont faim et les Éditions Poètes de brousse

À la Casa Obscura, 4381, av. Papineau

4.10.10


Sortie de Les Urbanishads, un recueil de poésie de Serge Lamothe, au lézard amoureux.
J'y ai signé les dessins. Celui-ci, le suivant et le dernier: c'est une prime...





9.9.10

2.9.10

un dessin publié dans Entre chienne et louve, 2007, www.conoculus.collectifs.net
Qu'est-ce que le désir

J’ai une petite idée concernant le désir, ce qu’il provoque en moi, mais elle n’épuise pas le désir. Aussi, voulez-vous jouer avec moi et m’envoyer un dessin, une photo, une mini-vidéo ou 3 lignes sur ce que signifie le désir pour vous? Quelle est sa réalité (une tension vers…, un manque, un désir de reconnaissance, un moment de la formation du sujet humain), comment se manifeste-t-il (une boule d’énergie, une impossibilité de manger, de dormir), ce qu’il révèle (l’amour, le phantasme) ??? etc.

J’ai déjà :

« un chiot aveugle sous la table »

« vos désirs sont désordres »

« la béance pour défaillir devant l’autre »

Envoyez-vos réponses à marie-pierre@conoculus.collectifs.net

Une série sur le désir.

L'amour d'une femme de Claudine Galéa
[une vieille chronique, une suggestion de lecture de chez Violette et Co.]

Qui n'a pas lu Passion simple de Annie Ernoux, ce récit classique d'une chienne de désirs? L'amour d'une femme, de Galéa (Seuil 2007), conjugue le même propos pour un désir lesbien. Ça n'est pas excitant. Mais c'est foutrement réel. Ce n'est pas très original, mais l'écriture dynamique, haletante, convient à cette passion perdue. Lisez pour voir:
"
Tu acceptes d’être dévorée. Tu acceptes d’être minée. Tu acceptes d’être cette loque en larmes. Tu te réveilles mouillée du désir d’elle. Dans le lit vide tu ne dors pas. Tu te creuses sur les chaises des cafés, sur les sièges de métro, de train, d’avion. Tu t’assois sur le trottoir quand tu ne peux plus avancer. Quand ça coule de toi malgré toi, quand ça te lamine, quand ça te fait vomir, quand ça t’aveugle de larmes, quand ça te démantèle de cris." (p.60)

Et puis encore:

"C'était toujours magnifique. C'était toujours trop court. Toujours interrompu. Elle devait toujours partir s'en aller te laisser te quitter. C'était toujours le manque après, le désir renouvelé et impossible à contenter, le désert." (p.70)

24.8.10

Une image de l'Isle-verte

22.8.10